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L'enseignement et la révolution mathématique actuelle par Stéphane Dugowson (professeur agrégé, docteur en histoire des sciences, professeur à Supmeca) : MERCREDI 12 NOVEMBRE À 14 H 30 à linstitut Henri Poincaré 11 rue Pierre et Marie Curie Paris 75015. Avec notamment l'émergence de la géométrie non commutative, nous vivons aujourd'hui une révolution dans notre façon d'appréhender l'espace (donc le temps). Or l'accès aux théories mathématiques contemporaines est particulièrement difficile. L'introduction à l'école des principes de base, extrêmement simples, de la théorie des catégories contribuera à la formation générale de l'esprit et facilitera à terme l'accès à la pensée mathématique contemporaine. Compte-rendu de conférence par A. Larroche Durée de la conférence : 1heure 15 minutes, suivie dun débat sur lintroduction de la théorie des catégories dans lenseignement des mathématiques, et à par tir de quel niveau CP, Collège, lycée ou université ? Lentreprise Bourbakienne a été motivée par des problèmes denseignement. Le désir de donner des bases claires à lenseignement des mathématiques a conduit au développement de la théorie des ensembles. La phase actuelle est doublement dramatique. Quelque soit lintérêt de la théorie des ensembles ce cadre est trop réductif pour aborder les maths contemporaines et actuellement on nenseigne rien du tout de la théorie des ensemble. Les principes élémentaires de logique et de théorie des ensembles aident à structurer lesprit. Ainsi lidée dintersection (x Î A Ç B) se retrouve dans le quotidien, mathématicien et philosophe, de gauche et pour la laïcité par exemple. On déstructure, on ne donne pas les bases structurelles qui leur permettraient de bâtir une pensée et en plus il faudrait passer à la théorie des catégories. Quand allons-nous introduire la théorie des catégories ? On peut passer lagrégation sans avoir jamais entendu parler des catégories. Manque réellement étonnant de connaissances. De ne pas connaître la théorie des ensembles na jamais empêché denseigner le langage ensembliste. Les ensembles constituent une catégorie particulière insuffisante pour expliquer les mathématiques contemporaines.
X se note C X est le plus « proche » de C et T, le plus petit contenant simultanément C et T. Une catégorie est définie par la donnée 1) dobjets 2) de flèches entre ces objets et quelques contraintes. La possibilité de composer les flèches. Si A ® B ® C alors A ® C. Il existe plusieurs stratégies, des petites et des grandes catégories. Entre A et B il peut exister beaucoup de flèches, aucune ou une infinité. Il existe une flèche particulière ayant un rôle neutre A®A te flèche se désignant par 1A. Associativité des flèches. Exemples de catégories. a) Catégorie des ensembles. Objets : ensembles. Flèches : application. b) Dans un ensemble E partiellement ordonné. Flèches. Flèche sinon pas de flèche si deux éléments ne sont pas comparables. Objets : éléments de E. c) (IN, /). A £ B Û A / (divise) B. Un ensemble partiellement ordonné est une catégorie particulière. Dans ce cas X = C Une catégorie duale est toujours possible. Ainsi la catégorie duale de la précédente est celle définie sur (IN, /) par A £ B Û B / (divise) A. Dans ce cas X représente le pgcd.
Pour tout a et pour tout b il existe un seul a tel que w Dans chaque catégorie il peut exister des un ou plusieurs objets initiaux, notés 0. Un élément noté 0 est appelé objet initial dune catégorie sil vérifie : " objet W de la catégorie $ ! flèche telle que 0 ® W. Lobjet initial de la catégorie duale est lobjet final de la catégorie de départ. Un élément noté 1 est appelé objet final dune catégorie sil vérifie : " objet W de la catégorie $ ! flèche telle que W ® 1. Exemples. Sur la carégorie (P(E),Ì ) lensemble vide noté Æ est lobjet initial alors que E est lobjet final Les flèches sont appelés morphismes. Deux objets A et B sont dits isomorphes si on a A ® B et B ® A ce qui permet de définir un isomorphisme sans avoir recours à la notion délément. Dans la catégorie (IN, /) 1 est élément initial puisquil divise tout entier et 0 est élément final puisque tout entier le divise. Monomorphisme (ou morphisme injectif) de A vers B. Si Monomorphisme défini indépendamment des éléments de A et B. Les catégories unifient différents concepts mathématiques. Les branches mathématiques sont interactives. Comment circuler dune branche à lautre ? Cest ce que permettent les catégories. Il existe une catégorie des catégories , une catégorie des groupes commutatifs, des topologies, des A-modules sur un anneau A, des suites courtes exactes de A-modules. Dans la catégorie des ensembles les isomorphismes sont les bijection, dans la catégorie des groupes les isomorphismes sont les isomorphismes habituels et dans les espaces topologiques les isomorphismes sont les homéomorphismes. Foncteurs. Les foncteurs sont aux catégories ce que les applications sont aux ensembles. Un foncteur F dune catégorie A dans une catégorie B est défini par : a) A tout objet a de la catégorie A correspond un objet F(a) de la catégorie B. b) A toute flèche f de a vers b correspond une flèche notée F(f) de F(a) vers F(b). c) F(gof) = F(f)oF(f) pour toute flèche f et g de A. d) F(ida) = idF(a). Pour tout objet a de A. Une bonne partie des maths consiste à établir des liens entre catégories. Le langage des catégories permet la circulation entre les différentes branches des mathématiques. La catégorie des ensembles peut être injectée dans une catégorie plus vaste. La révolution dans la conception de lespace et du temps, un siècle plus tard sinscrit de façon profonde à travers les catégories. Dun point de vue heuristique la théorie des catégories est supérieure à la théorie des ensembles. La théorie des ensembles est excellente descriptivement. La théorie des catégories est dynamique. Elle fournit un langage créant des passerelles.
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