Réponse de Jean Jacquelin
du 27/09/01 à 10h 57 :Nous désignons par S(N) la somme des diviseurs de N,
y compris 1 et N.
Si N=p nombre premier, S(p)=p+1
Si N=P nombre parfait, S(P)=2P car la somme des diviseurs d'un nombre parfait, y
compris 1 mais non compris P, est égale à P.
Pour "se mettre dans le bain", rappelons la démonstration d'Euclide :
Soit un nombre N de la forme N=2nM avec M=(2n+1-1) premier
S(M)=M+1=(2n+1-1)+1=2n+1
S(2n)=1+21+22+ . . . +2n=2n+1-1
S(N)=S(2n)S(M)=(2n+1-1)2n+1
et comme N=2n(2n+1-1) on a donc S(N)=2N
La somme des diviseurs de N (non compris N) est égale à S(N)-N=N
Donc N=P, nombre parfait.
La réciproque, dans le cas des nombres parfaits pairs, a été démontrée par Euler
dans une note posthume. Je n'ai pas cette démonstration sous la main. De mémoire, la
démarche serait la suivante (mais attention, c'est à vérifier. Ce qui suit pourrait
être incomplet voire même erroné)
Soit P un nombre parfait pair. On peut donc le mettre sous la forme P=2nm
avec n>0 et m impair.
S(2n)=2n+1-1
S(P)=S(2n)S(m)=(2n+1-1)S(m)
Puisque P est parfait, S(P)=2P donc
2P=(2n+1-1)S(m)
Par conséquent P est divisible par (2n+1-1). On peut donc écrire P sous la
forme
P=2n(2n+1-1)K avec K impair. Donc m=(2n+1-1)K
Donc m est divisible au moins par m et par K.
Si K est différent de 1, S(m)>m+K donc S(m)>2n+1K
Par ailleurs, on a :
2P=(2n+1-1)S(m) et P=2nm donc
2n+1m=(2n+1-1)S(m)
2n+1(2n+1-1)K=(2n+1-1)S(m)
2n+1K=S(m)
Ceci est contraire à S(m)>2n+1K si K différent de 1. Donc K=1.
Donc m=(2n+1-1) et P=2n(2n+1-1)
Si (2n+1-1) n'est pas premier S(2n+1-1)>2n+1
S(P)=S(2n) S(2n+1-1)>(2n+1-1)2n+1
Donc S(P)>2P ce qui est contraire au fait que P est parfait.
Donc (2n+1-1) est premier.
Conclusion : si P un nombre parfait pair alors il et de la forme
P=2nM avec M=(2n+1-1) premier
Réponse de Gérard Prigent
du 27/09/01 à 21h 15 : Voir le "Que sais-je
?" n° 1093 (PUF éditeur) par Jean ITARD : Arithmétique et théorie des nombres
pages 33-34.
|