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bull.gif (875 octets) Arnold O'Flair

Extrait des pages 15, 16 et 17  du N°1 de la revue RLJ  :

Serial Writers

Psychopathologie d'un écriteur en série

Avec le mélange de cruauté extrême et d'apparente banalité qui les caractérise, les serial writers constituent un véritable mystère pour les hétérologues américains. S'ils ont tous connu une enfance troublée, le catalyseur de leur folie hétéromane n'est pas élucidée.
Non seulement ils écrivent un nombre de livres pharamineux mais de plus ils n'hésitent pas à utiliser des noms d'emprunt pour brouiller les pistes.
Après avoir déjà consacré un article à sa traque aux écriteurs, Arnold O'Flair nous propose une enquête sur l'une des formes les plus caractéristiques de la littérature portative.

Comment comprendre les auteurs de livres en série ?
Qu'est-ce qui peut pousser un homme (les femmes sont rarissimes) à se torturer l'esprit des jours durant, à conserver des pages de leurs livres comme des trophées ?
L'essentiel de la connaissance des serial writers repose sur des centaines d'heures d'entretien que leur ont consacré linguistes et grammairiens. De façon empirique, ils ont pu tracer un profil général de ces fouailleurs exceptionnels par la violence de leurs écrits et par l'apparente normalité de leur vie quotidienne.

Parmi les cas célèbres, Jean Fourke (exécution de 73 texticules) travaillait dans une librairie spécialisée, et James Bunny, auteur d'une série de livres en Floride et dans l'Utah, était employé par un service téléphonique SOS-Autodafé.
Leur aptitude à vivre avec leurs hétéronymes, parfois pendant des années est étonnante. Les serial writers vivent très bien leurs hétéronymes. Ils n'ont pas de remords apparents  explique Stepfania Skipalec, professeur de hétéropsychologie au Jack Nim College of heteronomial Investigation of New York; cette spécialiste des serial writers a passé des journées entières à interroger des écriteurs dans les séminaires américains et canadiens. Il manque aux serial writers l'incapacité de se mettre à la place de tout, femme enfants minéraux lampes ou oiseaux. Ils n'ont en général aucune conscience de leur cruauté.

Un sentiment de domination

Au sens littéraire du terme les écriteurs ne sont pas des mineurs, estiment les critiques. Ils n'ont pas d'hallucinations ou de crises de démence et sont capables de mener une vie ordinaire. C'est un des facteurs qui rend leur identification difficile : ils donnent l'illusion de la normalité. Quelles sont leurs motivations ? Elles sont essentiellement liées à des propos textuels. Explique le professeur Skipalec. La plupart d'entre eux sont incapables d'avoir une relation textuelle normale avec un roman. Couper, fragmenter; dépecer le corps du roman est donc un moyen d'affirmer leur puissance. C'est pour cette raison qu'ils utilisent leurs mains ou un instrument comme un couteau, ou un marteau, plutôt qu'une arme à feu. Et lorsqu'ils créent, beaucoup atteignent une fiction. Ils vont frapper leur machine à écrire jusqu'à la jouissance littéraire. Pour certains, le fait de créer est secondaire. Plusieurs hétéronymes ont été économisés puisque leur géniteur était rassasié d'une fiction.

Les 17 pages in extenso de Serial Writers Word et PDF


Tous les textes de Arnold O'Flair sont traduits par Alain Larroche.

 

 

 

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